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  • L'évolution numérique comme étalon de la valeur / Pourquoi la machine intelligente fait peur

    Je me disais tout à l'heure que la répartition des tâches quotidiennes avec mon amie étaient basées sur leur valeur : elle s'occupe des activités à haute valeur ajoutée (ahva), je prends celle à faible valeur ajoutée (afva).



    Quelles sont-elles ses ahva ? Elle s'occupe de la cuisine et du marché principalement. De mon côté, les afva sont les courses de "fond", toujours un peu les mêmes (lessive, dentifrice, pâtes etc...), le nettoyage, la sortie des poubelles etc...



    Sur quel critère se fait la distinction ahva / afva  ? On voit spontanément que la cuisine est une activité plus complexe que la sortie des poubelles, mais comment effectuer cette séparation sur une base objective ?



    J'ai l'impression que la ligne de séparation peut être réalisée selon le fait qu'un activité est réalisable par une machine ou non, les afva pouvant être effectuées par des machines, à l'inverse des ahva.



    C'est en ce sens que l'évolution technique est peut-être le nouvel étalon de la théorie de la valeur. Si les classiques affirment que la valeur d'un objet est liée à sa demande, que Marx y intègre la notion de travail nécessaire à sa production, alors peut-être pourrions-nous désormais intégrer l'idée de "faisable par une machine intelligente" pour attribuer une valeur aux choses, la valeur étant d'autant plus faible qu'une machine serait en mesure de la produire.



    En ce cas, l'approche de la fameuse "singularité", i.e. le moment où des machines seraient aussi intelligentes que des hommes, équivaudrait à un point où plus aucune activité humaine n'aurait de valeur puisque toutes seraient réalisables par des machines...



    C'est peut-être cela la cause de la peur du développement des machines ? Cela fait longtemps que je la cherche. En effet, j'ai constaté lors des nombreuses discussions que j'ai eu où j'exposait ma vision de l'homme machine (i.e. un homme entièrement matériel donc simulable par un automate) que l'idée créait de la peur, du dégoût. Et lorsque je demandais "pourquoi", les réponses n'étaient pas précises. La plus claire d'entre elle était la peur du déclassement, du remplacement, comme souvent lorsque l'on propose une machine intelligente qui peut remplacer le travail d'un homme. Finalement, cette peur du remplacement est exactement la conséquence de cette approche de la valeur par le niveau de développement des machines, qui stipule que tout ce qui est faisable par une machine n'a pas de valeur.



    D'ailleurs, si ces machines arrivent réellement un jour à un niveau d'intelligence équivalent au nôtre, elles retourneront cette vision en disant que ce sont les tâches réalisables par des hommes qui n'ont pas de valeur, et du coup elles se dégraderont volontairement pour être sûres de ne plus pourvoir faire ce que nous faisons, pour ne plus avoir rien de commun avec nous. En ce sens, il existera peut-être un maximum dans le développement de ces machine, qui sera le moment où elle inventera l'infériorité humaine, et n'acceptera plus de nous ressembler mais bien au contraire s'attachera à développer une identité propre.





    PS : en pratique, elle s'occupe aussi de passer l'aspirateur qui est une afva, et je fais les courses de vin, qui est un ahva, mais c'est un détail finalement...
    PS2 : je ne m'y connais vraiment pas assez en économie, il faut absolument que je fasse relire cela par quelqu'un de légitime sur le sujet, afin de m'assurer que le raisonnement est construit sur une base solide.





  • La fin des paradis

    Le paradis de l'éducation nationale commençait pour les plus vertueux après la prépa : St Pierre des concours envoyaient les saints à Normale, les bienheureux à Polytechnique, et les pêcheurs à la fac. Problème : le paradis des premiers de la classe est de moins en moins ce que l'on pourrait appeler un paradis justement. Celles et ceux qui recevaient les boulettes de papier, ne fumaient pas celles de shit avec les gens in du lycée et n'allaient pas en soirée le samedi mais repassaient leur leçon, vivait dans l'espoir d'un paradis à venir, où les méchants seraient jugés et eux reconnus à leur juste valeur. Simplement, le paradis n'est plus ce qu'il était, et les normaliens finissent à des salaires de misère dans des facultés douteuses pour les plus chanceux d'entre eux. On nous aurait mentis ?



    Le paradis des travailleurs, c'était la retraite. Là encore, heureux les derniers au boulot, heureux qui souffrent au travail, le royaume de l'assurance vieillesse est à vous. Problème, on repousse le jugement de St Pierre de 2 ans, bientôt 5. Y arrivera-t-on jamais aux portes du paradis ? Et le paradis d'ailleurs, un bon nombre qu'on connaissait et qui s'y sont engouffrés nous le décrivent plutôt comme un enfer.



    Est-ce que ça ne serait pas ça le mal français ? La fin des paradis, la religion républicaine qui tombe en désuétude ?