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  • Réflexion au labo

    Deux réflexions au labo :

    1. Lorsque j'ai présenté mon dernier projet à ma directrice, elle m'a dit que c'était intéressant mais que les outils que j'utilisais étaient vraiment trop simples (en fait "simplistes", justement pour faire la différence avec "simple", dont on aurait du mal à voir comment il pourrait être négatif). Et je n'ai pas compris sa réaction. Est-ce que l'objectif est d'utiliser des outils complexes, avec de grosses formules, pour impressionner les autres chercheurs dans ma publication ? Le concours de bites en somme ? Nous nous sommes recroisés, nous avons rediscuté (pas du concours de bites...). Et j'ai compris ce qu'elle me signifiait : il y a tellement de chercheurs qui ont travaillé sur mon problème qu'il n'y a presqu'aucune chance qu'une solution très efficace avec des outils très simples soit restée non découverte. Et c'est pourquoi la complexité de l'outil est une mesure à première vue de la qualité d'une idée. Il est bien sûr possible qu'une excellente idée avec de vieux outils que l'on utilise depuis longtemps soit trouvable, mais cette éventualité reste très peu probable. Cela ne veut pas dire non plus que toutes les méthodes qui utilisent des outils complexes soient pertinentes non plus. Cela veut simplement dire que les outils plus complexes ont nettement plus de chances de receler de pépites à découvrir. Et d'autres part que si ces outils ont été inventés, c'est précisément parce qu'ils répondaient aux besoins que les outils précédents n'étaient plus en mesure de prendre en charge. On peut même proposer une sorte d'extension à la "rationalité graphique" de J.Goody, en affirmant que, tout comme les outils d'écriture ont modifié notre manière de penser, et nous ont donc permis de penser de nouvelles choses, et donc de nouveaux outils, et enfin qu'en ce sens si l'homme invente ses outils, et bien ses derniers le réinventent à leur tour, que les outils mathématiques permettent eux-aussi de nouvelles découvertes.Et même, mais peut-être l'hypothèse est-elle un peu hardie, que la physique quantique qui s'est développée au début du siècle n'était possible à ce moment que parce que le calcul sur les probabilités avait été considérablement développé durant les années précedentes (Borel, Poincarré etc...). Tout comme le calcul vectoriel a été mis à contribution peu de temps après son développement par Maxwell pour expliquer l'éléctromagnétisme. Et que, comme un gaz, l'esprit humain prend rapidement la place des nouvelles pièces mentales que les outils permettent d'aborder. Et donc qu'enfin, pour revenir à la réflexion de ma directrice, que s'il reste de l'espace à occuper, il est bien dans les nouvelles pièces, et pas dans les anciennes qui sont déjà bondées de l'esprit de mes prédécesseurs...


    2. J'ai constaté que les relations étaient restées assez distantes durant les premiers mois au labo. Il est normal que les gens ne deviennent pas meilleurs amis tout de suite. D'autant que je changeais radicalement d'activité. Cependant, j'avais l'impression qu'on me prenait pour un hurluberlu, que je ne rentrais pas dans les cases. Aujourd’hui les choses vont nettement mieux, chacun a appris à se connaître et à s'accepter avec sa personnalité. Et je pense avoir compris ce qui ne fonctionnait pas au début : les relations qu'ont les encadrants avec leurs thésards sont des relations de maître à élève. De mon côté, j'avais initié une relation de fournisseur à client, directement héritée de ma précédente activité. Cette dernière fonctionne bien sûr car la personne en face sent qu'elle est respectée et écoutée, mais elle ne contient pas en revanche ce lien un peu paternaliste que la relation maître à élève contient. En client/fournisseur, nous sommes sur un pied d'égalité, avec chacun notre spécialité. En maître/élève, le premier déverse généreusement son savoir sur le deuxième qui boit ses paroles. Et j'ai le sentiment que c'est ce rôle dans lequel je ne suis pas rentré qui a créé des incompréhensions au début.




  • Qui vide vos poubelles et nettoie vos toilettes ?

    Pour celles et ceux qui travaillent dans une structure suffisamment importante, ou qui se sont déjà rendus dans les bureaux de La Défense, la réponse est connue : ce sont les étrangers. Souvent des blacks même.

    Maintenant, lorsque l'on dit dans un dîner qu'il n'y a que des blacks qui nettoient nos toilettes et vident nos poubelles, tout le monde s'exclame à l’unisson que c'est scandaleux, que notre monde est décidément pourri etc...Mais qui dans ces beaux parleurs seraient prêts à aller nettoyer les toilettes et vider les poubelles ?



    SI je monte une compagnie un jour, je crois que je mettrai ce point dans mes entretiens de recrutement. J'expliquerai au candidat que dans notre compagnie, le nettoyage des toilettes est organisé par tour, et que chacun s'y colle, du dirigeant au plus récemment arrivé.


    Évidemment que beaucoup de candidats refuseront cette condition (alors que dans son dîner il se serait scandalisé avec les autres du fait que l'immense majorité des personnes nettoyant les toilettes des compagnies sont noires).


    Mais je sais que ceux qui l'accepteront auront un avantage incalculable sur les autres : ils partageront avec moi des valeurs cardinales.


  • Le goût dans la bouche

    Quand tu dis des paroles de haine, il t'en reste toujours sur les lèvres.


    Quand tu dis des paroles d'amour, il t'en reste toujours sur les lèvres.


    À toi maintenant de décider du goût que tu souhaites avoir dans la bouche.