Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • La financiarisation de la politique envoie le PS dans le mur

    Comme on en parle de plus en plus, et telle qu'elle était détaillée dans la "Rumeur du Monde" de JC Casanova sur France Culture samedi midi, la financiarisation de la politique devient de plus en plus préoccupante. On le rappelle dans Le Monde (http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/11/13/jouyet-les-citoyens-se-revolteront-contre-la-dictature-des-marches_1603114_3234.html#ens_id=1584602&xtor=RSS-3208), les marchés ont obtenu ce week-end leur 3ème démission : en novembre 2010, le 1er ministre B.Cowen, ce mercredi 9/11, G.Papandréou en Grèce, et aujourd'hui, S.Berlusconi en Italie



    A moins qu'une alternative ne se développe pour sortir de l'emprise des agences de notation, ces dernières auront certainement un effet du même ordre en mai prochain. Le PS fait déjà peur au marchés, bien qu'ayant largement dilué son discours (cf. l'article de ce mois de S.Halimi dans le Monde Diplo). Soit Hollande fait encore plus de concessions à l'économie libérale, et il perdra son électorat de gauche, qui se retournera vers Joly / Mélenchon pour ceux qui veulent plus de gauche, ou vers l'UMP (Chevènement ?) pour ceux qui estiment qu'ils ont finalement le même programme. Hollande passera pour un traître.


    Ou bien il décide de revenir à gauche, auquel cas il conservera son électorat mais inquiétera les autres, qui se rabattront sur l'UMP. L'argument du "Si le PS passe en mai, la France perd son triple A" sera brandi et fonctionnera. Et la remise "à l'étude" de la note française par S&P s'inscrit exactement dans cette optique : elle l'anticipe. Il est clair que la perte du AAA entraînerait une augmentation importante du coût de la dette mais également des dépenses courantes. Le programme PS deviendrait complètement inapplicable.



    Les forces de gauche doivent aujourd'hui réussir à se réapproprier le discours, à sortir du joug des marchés. Leur seule solution est d'adopter un discours résolument européen et unificateur, car seule l'Europe est aujourd'hui crédible face aux marchés. Le problème c'est que l'Europe justement est un l'un des grands facteurs de division du PS (les cicatrices du TCE y sont encore sensibles aujourd'hui). Hollande aura-t-il le charisme et l'énergie nécessaire pour rassembler son parti derrière cette idée ? Espérons-le, mais, je l'avoue, j'en doute.




  • Les étoiles

    On a tous des personnes que l'on admire immensément. Ce sont elles qui nous guident dans nos décisions, nos prises de positions, nos actions.

    En musique, Miles Davis a ce statut pour moi. Je n'atteindrai certainement jamais son niveau, et c'est précisément ce qui lui confère son statut d'étoile personnelle (rien à voir avec le statut de "star", uniquement "spectaculaire"). D'un point de vue éthique, Gandhi représente aussi cela pour moi (notamment suite à la lecture de son autobiographie "An Autobiography: The Story of My Experiments With Truth").



    Ces étoiles sont tout à fait comparables à celles qui peuplent l'espace, et nos cieux en particulier, dans le sens des "étoiles qui sont visibles par un être humain standard sur la Terre" (évidemment, l'ensemble des étoiles est bien supérieur à celles des étoiles contenues dans les "cieux" - d'où cette petite précision).



    Certains objets célestes sont tellement loin de nous qu'ils nous semblent immobiles. Les mouvements de notre planète sont négligeables par rapport à la distance qui nous en sépare, d'où cette impression d'immobilité. Les étoiles que sont Miles Davis et Gandhi sont du même ordre pour moi : tellement lointaines que mes mouvements sont négligeables par rapport à la distance qui m'en sépare. Et c'est justement leur immobilité qui en fait des repères.




  • La crise européenne doit faire monter notre analyse au niveau européen

    Ce matin, Marine Le Pen était invitée de la matinale de France Culture. C'est une redoutable oratrice, et j'ai bien peur qu'elle n'arrive au second tour en mai 2012 face à Sarko, ce qui nous contraindrait à l'élire une 2nde fois. Ou bien, comme le suggéraient les jésuites d'Etudes, elle ne prennent les voix de Sarkozy (dont elle a le style en parole et les idées en programme), et permettent donc à Flamby d'accéder à la présidence (ce qui ne serait malgré tout pas qu'une bonne nouvelle étant donné le niveau du yaourt en question).



    Quoiqu'il en soit, elle parlait ce matin d'un point important défendu par la gauche concernant le protectionnisme européen. Et elle disait que l'Europe d'aujourd'hui, ultra-libérale, ne mettrait jamais en place un tel protectionnisme. Et qu'un président français ne saurait imposer cette mesure ses voisins. Je pense qu'elle a raison. Et que le problème qu'elle soulève ne devrait pas nous inciter à voter pour elle bien sûr (son retour au Franc et sa sortie de l'Europe sont catastrophiques), mais à nous rappeler que le niveau de gouvernance qui compte aujourd'hui n'est plus national, mais bien européen. Nous sommes encore très concentrés sur l’élection présidentielle, mais il faut à présent que nous nous concentrions sur les élections européennes. Car c'est bien à ce niveau-là que les questions de protectionnisme, de monnaie, et d'activité industrielle se décident.



    Autre remarque : elle ne parle plus d'immigration - et pour cause, on récolte aujourd'hui beaucoup plus de voix en tapant sur les banquiers plutôt que sur les étrangers. Ça sera peut-être un des bons points de la crise européenne : elle nous aura fait changer notre viseur de direction.