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  • Le téléporteur

    Présentation de l'expérience de pensée du téléporteur

    Supposons une machine de la taille d'une cabine téléphonique, dans laquelle une personne entre, et se fait entièrement scanner, par une sorte de laser qui enregistre tous les poids, positions, vitesses, accélération etc. de toutes les particules qui composent le cube de matière contenu dans la cabine.

    De l'autre côté de la Terre, une autre cabine du même type est équipée d'un décodeur capable de reconstruire exactement le cube de matière scanné par la cabine source.

    Question : la personne reproduite de l'autre côté de la Terre est-elle la même que celle à l'origine ?

    Si oui, alors tout est matière, aussi bien notre corps, que notre esprit, nos émotions etc...Le vivant est entièrement composé de matière, et un homme synthétique, artificiel, est envisageable. Il n'est pas distinguable d'un autre créé de manière "naturelle".

    Si non, alors il existe autre chose que la matière. Cet autre chose est souvent appelé "énergie", "matière pensante"...

    Pour ma part, je pense que tout est matière (j'adhère à une ontologie moniste physicaliste), et donc que l'homme synthétique est possible, et que le téléporteur l'est donc aussi, puisque si l'on peut créer un être vivant de manière artificielle, alors il est possible de le créer n'importe où, à partir de la copie du premier.

    Cependant, l'expérience de pensée du téléporteur décrite plus haut se heurte au moins à quatre contre-arguments :

    Contre-argument 1 : impossibilité de construire la cabine source
    Premier contre-argument, simple et efficace, le fait qu'une telle machine soit structurellement impossible à construire, parce qu'il est impossible de "scanner" un cube de matière de manière exhasutive et instantannée. La physique quantique nous montre en effet que la mesure d'un élément modifie cet élément. Néanmoins, cet argument n'est pas rédhibitoire, dans la mesure où, même si la personne scannée est modifiée par la mesure, elle peut ne l'être que de manière superficielle. Certes, on ne transporte pas exactement la personne à un moment donné, mais une personne vivante, qui est la même en termes de personnalité, constitution etc...Concenrnant le fait que la mesure instantannée de l'ensemble du cube est impossible, la remarque est plus puissante. Supposons que le "scanner" parte du haut vers le bas de la cabine. En ce cas, les données enregistrées pour la tête seront légèrement plus ancienne que celles enregistreées pour les pieds. La personne serait reproduite avec une tête plus vieille que ses pieds. Néanmoins, la résponse précédente peut être également appliquée, et l'on peut supposer que ce différentiel, s'il reste très léger (de l'ordre de la seconde), n'ait pas d'impact important sur la personne, et que sa reproduction n'en soit pas affectée.

    Contre-argument 2 : impossibilité de construire la machine destination
    Ce deuxième contre-argument est du même ordre que le premier, mais concerne ici la machine de destination : il n'est pas possible de construire une machine qui replace exactement des particules dans des positions, vitesses, accélérations, poids...donnés.
    Imaginons comment fonctionnerait cette machine : elle placerait chacune des particules à la position donnée, avec l'ensemble de ses caractéristiques, puis passerait à la particule suivante, lui donnerait ses caractéristiques etc...Le problème est que lorsque la première particule aura été placée, elle ne réagira pas comme elle aurait réagit si toutes les particules avaient déjà été présentes. En effet, les multiples interactions qu'elle entretient normalement avec les milliards de particules qui l'entoure ne serait pas ici respectée, puisque ces particules ne seraient pas encore présentes, et elle n'aurait donc pas le même comportement. On peut tout de même imaginer que la machine extrapole les comportements des particules de sorte que, même si elle ne leur confère pas leurs propriétés initiales au moment de leur pose, elle leur en donne de telles que lorsque l'ensemble des particules sera posé, chacune d'entre elles retrouve ses caractéristiques d'origine. Un peu comme le tireur à l'arc qui, sachant qu'il y a un léger vent vers la droite, tire sa flèche plus à gauche.

    Contre-argument 3 : la reconstruction ne peut être exactement la même
    Lorsque l'on reconstitue le cube de matière à un autre endroit de l'univers, il ne peut être parfaitement le même puisque précisément il est à un autre endroit. Les propriétés de chacune des particules dépendent évidemment de leur localisation, et celle-ci serait différente. On pourrait en ce cas maintenir l'expérience en disant que le cube de matière est reconstitué au même endroit, mais 10 minutes plus tard par exemple. La personne d'origine serait supprimée après le scan, puis reconstruite après. En ce cas, ça ne serait pas le problème de localisation spatiale, mais celui de la localisation temporelle qui se poserait. En effet, les propriétés des particules dépendent aussi de leur position dans le temps.
    De la même manière que pour les 2 contre-arguments précédents, il est également possible d'imaginer que la machine soit capable d'extrapoler les différences de temps et d'espace de sorte que la personne recréée soit strictement la même.

    Contre-argument 4 : univers possibles, univers impossibles
    Ce dernier contre-argument n'invalide pas totalement l'idée du téléporteur, mais le limite. En effet, si l'on appelle "univers" l'état exhaustif de l'ensemble des composants élémentaires de l'univers


    (inachevé)