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  • Idée #2 - Oublier celle qu'on a aimé

    J'ai eu une histoire avec une fille en 2006, qui m'a beaucoup marqué.

    Depuis notre séparation en 2007, j'y pense encore très régulièrement. Cette nuit, j'ai encore rêvé d'elle. Ca m'énerve. Je ne me sens pas libre. Et je me demande pourquoi elle m'obsède encore.

    J'ai le sentiment que si je savais pourquoi je l'aimais, alors je ne l'aimerais plus. C'est précisémment ce que je cherche, car je sais bien que je n'ai rien à gagner à lui courir après.

    C'est pourquoi je vais peupler cet article petit à petit, avec les dates des rêves que j'ai fait d'elle, dresser une liste, pour voir apparaître la logique dans les éléments qui s'accumulent. Comme si l'accumulation des données sur elle, et surtout sur ce que mon inconscient me renvoit d'elle, me permettait de décomposer le mécanisme de l'amour, et donc de m'en débarasser, enfin.
    Lien vers Freud : l'auto-psychanalyse est-elle réellement impossible ? Si un psychologue lit ces lignes, qu'il n'hésite pas à déposer un commentaire à ce sujet.

    -- J'avais déjà commencé à noter mes rêves d'elle peu après notre rupture - je les réintègre à la liste - j'ai remplacé son prénom par "elle" - c'est beau non ?--

    • Nuit du 15 au 16/05/2008
      Rêve très simple, en 2 temps.
      D'abord, une première partie, avec Antonin, celui qui m'avait vendu ma basse. Ici, il me vend un vélo en me disant que c'est un bateau. Je le crois sur parole, et je pars naviguer avec mon vélo, ça fonctionne très bien. Je me ballade sur l'eau en pédalant. En fait, c'est comme si les roues étaient des roues à aube, et que par je ne sais quel miracle le vélo tient en équilibre sur l'eau. Donc j'avance et je me ballade. Ca, c'est la première partie.
      Ensuite, je me retrouve dans un intérieur, avec elle, sa soeur, et une copine. Avec elle, on se retrouve, on se fait des câlins. Ca n'est pas sexuel, c'est surtout tendre. Je lui raconte mon histoire de vélo. On rigole ensemble, on est bien. On commence à faire l'amour, et sa soeur et une copine rentrent dans la chambre, alors on s'arrête, on rit.
    • Nuit du 23 au 24/12/2009
      Nous sommes dans un camping, avec mon pote Camille. Je la prends sur mes genoux, on s'embrasse, c'est doux.
    • Nuit du 16 au 17/02/2010 - à Rio de Janeiro, en vacances avec Vince
      Pas de souvenir précis du reve, mais elle était là


  • Idée #14 - Les fruits du souvenir

    06/09/2006 - écrit dans le RER A, un soir, en rentrant du boulot

    Les Fruits du souvenir

    Ce soir, dans le désert aride de La Défense, j'ai connu la misère affective, et j'ai vu autour de moi des milliers d'âmes errantes, des zombies presque, assoiffés d'amour, éperdus de tendresse. J'ai vu la grande pauvreté du coeur, et j'ai vu que moi aussi, comme eux, j'avais le coeur sec comme une pierre.

    Si certains savent s'en accommoder, il est impossible pour moi de subsister dans ces régions hostiles trop longtemps.

    Alors, pour sauver ma vie, je plonge les mains dans la besace du souvenir, et j'y trouve d'abord des vieux fruits. Ils sont tout secs et paraissent déjà ressucés mille fois. Surtout, en quête perpetuelle de nouveauté, l'idée même de sortir ces vieux restes semble humiliante, et, comme tous les pauvres, j'ai honte.

    Cependant, ce soir, j'y suis parvenu, non sans un plaisir naïf détaché de toute culpabilité; je parviens quelqufois à redonner à ces fruits leur fraîcheur originelle. Ce ne sont plus des vieux os rongés qui m'apparaissent alors, mais de beaux fruits authentiquement frais. Je les mange alors à pleines dents, et l'on me surprendra, après quelques instants, à rire seul du bon goût du plaisir retrouvé.

  • Idée #13 - Comme un gosse

    Comme un gosse - 22/09/2008 - Dans ma chambre d'hôtel à Oran, en mission

    Une sortie à l'envers

    On rentre à l'hôtel avec mon collègue vers 15h30, le self est fermé en bas, je commande un room service.

    Je décide d'aller faire un tour, normalement interdit en ces temps de terrorisme présumé, sur le front de mer, pour aller fumer une cigarette.

    Je descends dans la rue, tente d'allumer une première fois ma cigarette avec une allumette qui s'éteint avant que j'ai le temps d'avoir la première braise. Alors que je m'apprête à la rallumer, voilà qu'un jeune qui passe avec des amis me la retire de ma bouche et me rappelle, sur un ton agressif, que fumer est interdit en ces temps de Ramadan. Je lui explique que je suis au courant de cette règle, mais que je ne fais pas le ramadan. Je lui réponds par la négative lorsqu'il me demande si je suis juif. Je lui dit que je suis souvent ici, que je connais les us et coutumes liés au mois sacré en Algérie, mais qu'en temps que non croyant je me permets cette entorse à la règle. Il me dit que je peux fumer, mais chez moi, à l'intérieur. Il finit par me rendre ma cigarette que je range sagement dans mon paquet.

    En rentrant vers l'hôtel, je me dis qu'il a finalement raison. Pas dans la manière de faire, un peu brusque à mon goût, mais dans l'esprit. Dans un pays où le ramadan serait faiblement appliqué, de manière minoritaire, bien sûr, question ne se serait pas posée. En revanche, ici, tout le monde le fait, et les réfractaires sont peu nombreux (je n'en ai vu aucun à présent), et au moins discret j'imagine. "Fait à Rome comme font les Romains". Est-ce que me plier à sa règle revient à lui donner raison, à légitimer cette forme d'intégrisme religieux qui nous fait si peur sous nos latitudes ? Je ne le crois pas, a fortiori en considérant le problème à l'inverse, c'est-à-dire en transposant la situation en France. N'avons-nous pas interdit, il y quelques années à peine, le port du voile dans nos établissements scolaires ? Il est à peu près aussi inoffensif pour l'entourage de porter un foulard autour de la tête que de fumer une cigarette en plein air. L'interdiction du tchador en France correspond bien à la volonté des gens de mon pays de faire appliquer un règlement qui appartient à leur culture (en l'occurrence d'en interdire un qui ne lui appartient pas), tout comme l'interdiction de fumer une cigarette en Algérie durant le mois sacré. N'entend-on pas régulièrement l'argument en France, qui n'est pas dénué de fondement par ailleurs, qui dit que les immigrés devraient faire des efforts pour adopter les coutumes du pays dans lequel ils sont venus s'installer ?

    Ces quelques lignes ne sont pas là pour justifier la peur comme réponse à la peur, ou un quelconque "oeil pour oeil dent pour dent". Elles servent à me rappeler qu'habiter un pays nécessite d'en respecter les règles, mêmes si celles-ci sont étrangères à ma culture, à mes croyances. De plus, à la décharge des autres algériens que les lignes ci-dessus pourraient pourraient faire passer pour des intégristes intolérants, je dois préciser ici que les passants présents au moment de cette rapide altercation m'ont ensuite défendus face à ce jeune qu'ils qualifiaient d'"un peu dérangé". Je leur ai toutefois fait part de la question que sa réaction m'avait entraîné à poser, et du fait que, d'une certaine manière, j'étais d'accord avec lui.

    Je me résous donc à retourner à l'hôtel pour y fumer la fameuse cigarette. En arrivant dans le hall, je rencontre le reste de l'équipe, les directeurs sur le projet, en train d'enregistrer leur arrivée à l'hôtel. La rencontre est particulièrement malheureuse, car je suis censé rester à l'hôtel durant tout mon séjour, et ne me déplacer que dans les véhicules de la compagnie cliente. Encore une règle violée, celle de mon pays dans un pays étranger cette fois. Par chance, un directeur et deux autres collègues ont le dos tourné quand je rentre, et je ne croise que l'autre directeur dans un premier temps, qui ne m'a pas directement vu rentrer dans l'hôtel (ce qui aurait bien sûr impliqué que je venais de l'extérieur. Et vu mon accoutrement, je ne pouvais pas rentrer du bureau). A sa question "d'où viens-tu", je réussis à détourner la conversation. Au moins me laisse-t-il croire que j'ai réussi à changer de sujet discrètement, car il n'insiste pas là-dessus. Il est tolérant, et demande d'ailleurs adremment l'emplacement du terrain de football, auquel on avait l'habitude de jouer dans l'autre hôtel où nous résidons habituellement, mais que nous ne pouvons pas pratiquer dans l'hôtel actuel.

    Je dois avoir l'air un peu gêné, car je m'empresse de rentrer dans ma chambre pour travailler, soi-disant.
    Je me dis dans l'ascenseur que j'ai eu tout faux sur cette petite escapade. Deux fois on m'a rappelé a la règle. Deux fois je l'ai acceptée, malgré moi, mais du mieux que je pouvais me semble-t-il. La première fois sans faire un esclandre, déplacé et pas vraiment légitime, et la deuxième fois en me faufilant entre les mailles du filet.

    Alors j'écris ces quelques lignes, que j'intitule "Comme un gosse", car on me retire la cigarette de la bouche et que je rentre discrètement après avoir fait le mur, comme un gosse...

    J'ai toujours eu un problème, non pas avec l'autorité en somme, car je ne suis pas frontal, je ne suis pas écorché, je ne suis pas fondamentalement rebelle. En revanche, dans la quête de moi, et de ma virilité, et de ma puissance, j'ai toujours pensé, depuis mon adolescence au moins, que le refus des règles me conférait comme une force, que mon corps ne m'assurait pas aux yeux des autres. Je n'ai jamais cru que la puissance intellectuelle ne me donnait cette légitimité. Il est amusant de constater que ces complexes d'enfant ne sont toujours pas réglés, aujourd'hui, à 28 ans. Je ressent encore la nécessité de jouer les grands, d'enfreindre la règle, certainement pas par plaisir ou par réel esprit de révolte, mais bien pour démonter aux autres une certaine indépendance d'esprit, une maturité. Je me sens toujours le petit dernier. Mes comportements avec mes collègues corroborent parfaitement cette réflexion. Avec les plus agés, je vais jouer au naïf, au petit frère. Un collègue (34 ans) ne m'a-t-il pas appelé hier soir vers 22h, pour s'assurer que j'étais bien rentré de ma virée nocturne (ne serait-il pas lui aussi victime de ce même complexe ?). Avec les plus jeunes au contraire, je me délecte de jouer au grand frère, à dispenser mes conseils à tort et à travers, à tort souvent.

    Je repense à elle, qui me disait qu'elle rêvait que j'ai quelques années de plus. Je me sens aujourd'hui très jeune, et malheureux de l'être.